04 septembre 2008

                             AU COEUR DU MALI
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DJENNE

Ce n'est pas un seul édifice, c'est la ville entière qui jouit du statut de monument historique !
Djenné, cité riche de mythes et d'histoire, dépositaire incontestée de la grandeur culturelle des empires d'antan.
 


Cité des sages et des savants
Le marché
L'architecture, revanche sur l'histoire
Images et Plans de la Mosquée
J
Les fouilles archéologiques de Djéné-djeno(musée national)

enne-Jeno, une ancienne cite africaine

Cité des sages et des savants

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A l30 km au sud-ouest de Mopti, Djénné a conservé les prérogatives d'une forteresse sise au milieu de l'eau qu'ont voulu lui conférer ses fondateurs voici douze siècles.
Les murailles qui l'entouraient se sont pourtant effritées au fil des siècles, encore que ses bâtiments à étages lui donnent toujours de loin l'aspect d'une imprenable citadelle. Mais les eaux du Bani qui précisément à cet endroit, se partagent en deux branches, n'ont pas cessé d'entourer la ville-refuge comme pour mieux la protéger tant du côté de l'orient que de l'occident. Ainsi, d'où que vienne le visiteur, l'accès de Djenné est commande par le Bani, qu'un bac traverse pendant l'hivernage et que l'on franchit gué à la saison sèche.

Le marche

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Le jour de la foire -- le grand marché du lundi -- Djenné retrouve chaque semaine son ancienne splendeur. Sur la grande place dominée par la mosquée s'échangent, comme au temps de l'empire produits du Sud agricole et trésors du Nord désertique. De Bamako ou de Ségou arrivent à bord de pirogues pleines à couler, le mil et le riz, le coton et la noix de kola en provenance des lointaines forêts du Sud ; de Gao ou de Tombouctou -- après des jours de voyage sur le Niger -- et de Mopti sur le bras oriental du Bani, le sel gemme découpé en barres dans les mines du désert, le poisson séché des lacs et des fleuves du Nord. Ce jour-là, Djenné regorge de couleurs et de senteurs. Les jeunes filles peul aux immenses boucles d'or pendant de leurs oreilles ! jusqu'à leurs épaules mêlent leurs rires aux cris de leurs mères proposant le lait de leurs chèvres. Majestueusement drapés dans leur dichdacha blanc ou bleu azur, le visage caché derrière leur litham de la même teinte, amulettes sur la poitrine et sabre aux côtés de fiers Tamasheq (Touareg ) traversent le marché d'un air imperturbable, derrière eux vient la horde docile ou asservie de leurs serviteurs et de leurs servantes bella celle-ci uniquement enveloppées dans une loge dont le bleu indigo évoque irrésistiblement la race fameuse des hommes bleus du désert.

Eleveurs nomades, femmes de pêcheurs bozo, paysans de Ségou ou forgerons de Mopti se donnent ici un rendez-vous hebdomadaire depuis des siècles. A l'odeur doucereuse de la poudre de néré se mêle celle plus violente du poisson séché ; le fumet des morceaux de mouton grillé l'emporte sur le parfum des feuilles de menthe jetées dans les théières trônant sur une multitude de "fourneaux malgaches ". La journée entière se déroule ainsi depuis toujours. Comme si chaque semaine, pour la durée d'une foire, Djenné revivait et résumait toute son histoire.
En réalité, la cité sainte n'a jamais rompu avec son passé. En témoigne sa mosquée célèbre dans toute l'Afrique musulmane, édifiée à la fin du XIII e siècle, détruite à plusieurs reprises, mais toujours obstinément rebâtie sur le même modèle. Avant le XI e siècle s'élevait à son emplacement le palais du gouverneur de Djenné, commandant l'une des onze portes de la ville où aboutissaient des rues bordées de mimosas.

A l'apparition de l'islam, le palais fut détruit pour faire place à une mosquée, dont la tradition veut qu'elle surpassât en beauté celle de La Mecque. Sept siècles durant, cette réputation fit de Djenné le sanctuaire de l'islam ouest-africain avec lequel Tombouctou rivalisait difficilement aux XIV è et XV è siècles. Autour de la mosquée se regroupèrent des universités et des bibliothèques attirant vers la cité sages et savants, professeurs venus d'Arabie ou d'Egypte, étudiants accourus des rives de l'Atlantique ou de l'intérieur du pays Mossi.

Englobée dans l'empire du Mali, puis annexée en 1473 par Sonni Ali Ber, fondateur de l'empire songhoï, Djenné profita de l'expansion impériale. Métropole culturelle, la ville fut respectée par les conquérants successifs qui n'ignoraient pas le parti que l'on pouvait tirer d'une ville sainte. La vieille mosquée ne fut détruite qu'en 1830, lorsque le roi-marabout du Massina. Cheikou Hamadou, jaloux du prestige de Djenné et tenant d'un islam ascétique et dépouillé, décida de créer une nouvelle capitale : Hamdallahi.

L'architecture, revanche sur l'histoire

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L'édifice sacré que le voyageur d'aujourd'hui peut encore admirer date de 1907. Bâti sur l'emplacement de la mosquée des premiers, âges, il en a conservé l'aspect, Ses quatre côtés sont orientés en direction des quatre points cardinaux, Face au grand marché.

Images et Plans de la Mosquée Images & Plans

La façade principale est constituée de trois tours séparées l'une de l'autre par cinq colonnes en terre battue. Sur tout le pourtour de la mosquée, cent piliers - chacun d'un mètre carré à la base - enserrent les murs. Cette imposante bâtisse hérissée de tours, aux énormes portes percées dans le mur, demeure le symbole de cette architecture soudanaise qui a tant inspiré l'urbanisme des métropoles du Sahel. C'est pourquoi Djenné s'en-orgueillit de la protection jalouse dont l'entoure sa caste de maçons. Les bari, qui se transmettent leurs talents de génération en génération depuis près d'un millénaire. La cité s'est construite et développée autour et à l'image de la mosquée. Chacune des masses cubiques -- dites " carrés " -- qui bordent les rues de Djenné abrite un village entier. Au centre se trouve une cour commune sur laquelle s'ouvrent tous les appartements familiaux, régulièrement pourvus d'un étage-dortoir dont le toit forme une vaste terrasse courant sur toute l'étendue du "carré ". Vus de loin, les murs d'argile donnent aux bâtiments l'aspect d'un volume taillé en plein roc. En fait, cette illusion est due à la couche de sable dont les maçons ont crépi les façades extérieures et les pans qui couvrent la cour intérieure. Le plus souvent, une seule porte sert d'entrée à toutes les familles d'un "carré ". Percée dans le mur, elle est fermée par un lourd battant de bois orné de gros clous.
A partir de Ségou, le style architectural de Djenné s'est maintenu dans tout le Nord du Mali, comme si les traditions de la vieille cité, en lui faisant prendre une revanche sur l'histoire, s'étaient perpétuées pour l'imposer comme berceau de toute l'architecture sahélienne : comme si Djenné voulait encore montrer que, tout en n'ayant jamais possédé la puissance militaire, elle a su résister à toutes les tentatives de soumission en leur opposant la puissance culturelle. L'histoire de la ville est riche de témoignages touchant cette résistance spirituelle. Au XVI siècle par exemple, alors que l'empire songhoï, à son apogée soumettait toutes les grandes cités, les intellectuels de Djenné furent, les seuls à refuser l'asservissement. 

L'Askia Issiaka, empereur songhoï en visite à Djenné, rassembla un jour toute la population pour recueillir ses doléances et écouter les reproches qu'elle avait à adresser aux administrateurs impériaux, allant même jusqu'à promettre de prendre des sanctions contre les oppresseurs. Un sage, Mahamoud Bagayoko, lui fit, renouveler sa promesse avant de l'accuser personnellement d'être le "plus grand oppresseur ", étant le "père de tous les oppresseurs ", et d'ajouter : " Si tu dois mettre à mort l'oppresseur commence par toi-même et hâte-toi de le faire ! "
L'empereur ne se suicida certes pas, mais il implora le pardon de Djenné -- défait qu'il était non par les armes, mais par l'esprit. Après 1591. quand, au nom du sultan du Maroc, les hordes de mercenaires du renégat espagnol Djouder Pacha anéantirent l'empire songhoï, Djenné fut épargnée. La ville trouva même un second souffle, sa tradition universitaire s'étant enrichie d'une activité artisanale fort appréciée à l'époque, la reliure des livres saints. Au lieu de se livrer au pillage comme à leur habitude, les conquérants marocains laissèrent même à Djenné quelques précieux souvenirs. Au fond du puits de Nana Ouangara, dit aussi le "puits du Marocain ", ont été découvertes des poteries d'une grande beauté et des armes finement ciselées, datant de la fin du XVI siècle. La tradition orale veut que ce puits soit miraculeux : asséché, il se remplit d'eau lorsqu'un fléau menace la ville et sa surface s'agite alors, révélant, telle une boule de cristal, des visions de guerre. La seule façon de parer au fléau était d'accomplir un sacrifice.
Mais les sacrifices, même les plus sublimes, n'ont pas toujours protégé Djenné. Quand les troupes coloniales françaises dirigées par Archinard, "commandant militaire du Soudan ", se préparèrent à prendre la ville d'assaut en avril 1893, les habitants de Djenné se rassemblèrent pour obliger les soldats à se battre, mais en vain. Le puits marocain, alors connu des seuls initiés, ne cessait pas de dispenser ses visions de guerre.
En guise de sacrifice, une jeune vierge bozo, du nom de Tapama Djenepo, fut emmurée vivante dans le tata -- ou rempart -- de Djenné. Mais le don de sa vie ne fut pas suffisant, les troupes d'Archinard envahirent la fière cité. L'esprit de Djenné n'avait pas, cette fois, résisté au déferlement des colonisateurs.

 

 

 

 

 

 

 

 


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Posté par sacko10 à 12:04 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur AU COEUR DU MALI Les Villes du Mali BamakoDjénné

    La légende de Thianaba

    Pourriez vous raconter la légende de Thianaba ?

    Posté par Fanny, 06 octobre 2009 à 16:02 | | Répondre
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